Une compagnie qui souhaite axer sa démarche sur la création artistique d’œuvres originales et sur la mise en valeur d’un renouveau ou d’une relecture du répertoire contemporain international et classique.

 

Un groupe qui cherche à encourager et à intégrer la relève au sein de son organisation.

 

Un groupe de recherche théâtrale qui a pour objectif principal de divertir, que ce soit par le rire ou la prise de conscience, tout en permettant l’accessibilité au plus grand public possible.

 

Un groupe artistique qui souhaite générer de l'emploi pour ses fondateurs.

Critique - Adieu beauté, la comédie des horreurs

 

Canoe.qc.ca – Divertissement (par Marie-France Pellerin )

 

Place à une relève prometteuse

 

La compagnie H2O Théâtre, qui a été fondée en 2006 par Jonathan Charbonneau, Geneviève Côté et Marie-Daniel Lussier, à leur sortie de l'École supérieure de théâtre de l'UQAM, a su séduire le public avec des productions telles que Sous-sols, 4 chiens sur le même os et Une fois, j'ai voyagé à New York.

 

Cette jeune troupe fort prometteuse de la relève a une fois de plus ébloui avec la relecture d'Adieu beauté, la comédie des horreurs, œuvre de François Archambault mise en scène par Jonathan Charbonneau.

 

Abordant les aléas du culte de la beauté et du mythe du vedettariat à travers des caricatures extrêmes et hilarantes et un jeu incroyablement disjoncté, la pièce met en vedette Marie-Daniel Lussier, Geneviève Côté, Martin Tremblay et Jonathan Salvas

 

 

Critique - Une fois, j'ai voyagé à New-York

 

Mon Théâtre.qc.ca (par Olivier Dumas)

 

Après une grinçante comédie sur la même scène le printemps dernier (Quatre chiens sur le même os), la jeune compagnie H2O propose ces jours-ci une touchante création, Une fois, j’ai voyagé à New York. Écrite et dirigée par Jonathan Charbonneau, la pièce dépeint avec sensibilité une jeunesse éperdue et paumée en quête d’un futur plus lumineux.


L’action se déroule en 1998 au Québec dans un parc où quatre inséparables amis se réunissent pour oublier leur présent incertain et la peur de se voir vieillir sans avoir rien accompli de significatif. Pour marquer l’époque, les derniers relents de la fameuse crise du verglas sont évoqués à quelques reprises. On suit durant près de deux heures les états d’âme de quatre jeunes adultes: Joe, le philosophe et narrateur de l’histoire, Véro, une jolie tomboy qui rêve de liberté et d’amour, Frank, surnommé Le Poil, qui se révèle avoir un penchant pour l'autodestruction et Alain, l'hypersensible perdu entre deux univers. Vient se greffer à ce noyau Espérenza, une séduisante nouvelle venue en manque d'attention qui vient tout chambouler... Le tableau ne serait pas complet sans Belzébuth, un gros matou noir qui sonde ces êtres pris dans les tourments de leur existence.


Par son style, Une fois, j’ai voyagé à New York se rapproche de certains drames psychologiques à l’américaine. Fort heureusement, l’auteur a su éviter les clichés et stéréotypes que l’on accole souvent aux personnages entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte. Il est parvenu à créer des figures nuancées dépeintes de manière assez crédible sans tomber dans le piège de la pièce à message ou le téléroman didactique à la Watatatow. Le réalisme des situations, autant dans les passages plus intimes que dans les instants traitant de sujets plus sérieux, comme l’alcoolisme ou la maladie mentale, s’exprime avec beaucoup de doigté. La seule petite déception concerne un dénouement qui aurait pu être plus cathartique, en raison d’une progression toujours soutenue de l’histoire.


Pièce qui sait mettre en valeur le jeu des acteurs, Une fois, j’ai voyagé à New York donne une belle tribune à des artistes talentueux et surtout fort prometteurs. En paumée attachante et mal dans sa peau, Marie-Daniel Lussier se révèle brillante, vibrante et douée avec une voix et une gestuelle d’une précision remarquable. Ayant eu la chance de la voir sur les planches précédemment en arriviste lucide dans Quatre chiens sur le même os, elle démontre une polyvalence qui sera intéressante à suivre au cours des prochaines années. La personnalité mystérieuse et ambivalente d’Espéranza dévoile l’aisance de Geneviève Côté à creuser et à cerner les nuances et les non-dits. Ses compères masculins Étienne Jacques, Bryan Morneau et Martin Tremblay complètent avec fougue et force une distribution dirigée habilement par Jonathan Charbonneau.


Les décors de Vicki Grenier recréent très bien l’ambiance glauque d’un parc urbain avec ses bancs et ses bouts de clôture sur la petite scène du Théâtre de l’Esquisse. En somme, la nouvelle production de H2O Théâtre se regarde et s’écoute avec plaisir et émotion.

 

 

Critique - Une fois, j'ai voyagé à New-York

 

Journal le Voir (par Philippe Couture)

 

Jonathan Charbonneau signe le texte et la mise en scène de la nouvelle création de sa compagnie, H20 Théâtre. Une fois j'ai voyagé à New York est un hymne à l'amitié, le portrait d'une génération désorientée. Conversation.
 
Il est d'abord acteur, mais il écrit sans cesse depuis le début de ses études en théâtre. Après Sous-sols, une pièce dans laquelle il dépeignait le quotidien sclérosé d'une bande de jeunes confinés à jouer à des jeux vidéo dans leur appartement, il s'est risqué au théâtre d'été et à la pièce historique. Mais son vrai dada, c'est le théâtre réaliste à l'américaine, avec ses dialogues précis et ses personnages en tensions, et ce, toujours à saveur autobiographique.


"Je suis passionné par le réalisme façon David Mamet. Son travail sur la langue réaliste et les rapports de force m'a toujours beaucoup plu. C'est très intime, très proche du réel, ça m'a beaucoup marqué. Je n'essaie pas de reproduire cela dans mon écriture, mais ça m'influence certainement."


La langue de Charbonneau est toutefois plus viscérale que les dialogues calculés de Mamet et des autres auteurs de sa lignée. Ses personnages, de jeunes adultes qui glandent tous les soirs dans un parc en cherchant du sens à leur existence, parlent un langage cru et direct qui reproduit très exactement le réel. "Dans leur langage, il y a une détresse cachée. De la peur, de la rage, de l'agressivité. C'est une langue qui atteint le spectateur directement. On ne peut pas la censurer, on ne peut pas la réfréner, on ne peut pas la baliser. C'est une langue qui doit sortir, qui s'exprime d'elle-même."


Il affectionne aussi ce qu'il appelle des "bulles d'imaginaire", sortes d'interruptions momentanées du réalisme "par l'apparition de scènes fantasmées, de flash-back ou de déplacements spatio-temporels, mais qui demeurent assez réalistes et ne vont pas non plus du côté de l'onirisme extrême". "Ce sont des interruptions imagées, théâtrales, qui nous font dévier du réalisme pour un court instant."


Dans Une fois j'ai voyagé à New York, les cinq amis se réfugient, avec l'aide de la drogue, dans un monde imaginaire qui leur fait oublier leur réalité décevante. "J'essaie de mettre le doigt sur des fléaux de ma génération, des réalités qui m'ont touché personnellement, moi et mes amis: l'isolement, les questionnements sur l'identité, la perte de repères et de modèles, la difficulté d'entrer dans la vie adulte, la banalisation de la drogue, etc. C'est une fable sur l'amitié."


Charbonneau aborde aussi un sujet difficile: la maladie mentale qui a atteint l'un de ses vieux amis et avec laquelle il n'a jamais trop su composer. "C'était mon meilleur ami, qui, comme on le voit dans la pièce, m'a sauvé la vie quand j'étais jeune. J'ai voulu lui sauver la vie à mon tour quand les choses se sont mises à moins bien aller pour lui. Mais il est devenu de plus en plus malade, on a d'abord cru qu'il était maniaco-dépressif, il s'est mis à prendre des médicaments, puis a fait des psychoses, et finalement il est devenu schizophrène. On ne sait jamais trop comment réagir face à ça, et c'est un peu ce que la pièce raconte."

 

 

Critique - Adieu Beauté

 

Journal le Voir (par Christian Saint-Pierre)

 

Les comédiens épousent à merveille le ton parodique, souvent caricatural, de l'oeuvre.

Avec Adieu Beauté, une pièce de François Archambault revisitée par le H2O Théâtre, on peut dire que l'été se prolonge, et pour le mieux.
 
Avec La Vieille est morte! de la compagnie Nuits d'encre et le King Lear contre-attaque des Productions Préhistoriques, le spectacle du jeune H2O Théâtre, présenté il y a peu au Festival de théâtre ambulant des Hautes-Laurentides, donne l'impression que l'été refuse de se terminer. Avant que les personnages de Beckett, Mouawad et Goldstein ne s'adressent à nous avec un certain sérieux, ceux de François Archambault le font avec une dérision que l'on savoure.


En cassant du sucre sur le dos de cette société en plein dérapage médiatique dans laquelle nous vivons, Adieu Beauté provoque toujours, 10 ans après sa création initiale, le rire et l'émotion, la surprise et la reconnaissance. Sous la houlette de Jonathan Charbonneau, qui tient aussi le rôle fort sympathique du batracien-narrateur, les comédiens, tous récemment diplômés de l'École supérieure de théâtre de l'UQAM, se saisissent de la satire - délirante mise en procès du culte de la beauté - avec une admirable conviction.


La pièce prend son envol avec le rapt de la gagnante du concours Miss Laval 2008 (Geneviève Côté, tout simplement hilarante) par les deux seuls membres du FILPED (Front international de libération des personnes esthétiquement défavorisées). Le but de Jolicoeur, la chef du mouvement terroriste, définitivement frugivore (Marie-Daniel Lussier, une nouvelle venue des plus prometteuses) et de Champoux, son acolyte rondouillet (Simon Gfeller, toujours aussi juste), vous l'aurez deviné: dénoncer le règne tyrannique de la beauté. Une noble entreprise, certains diront utopique, qui sera considérablement épicée par l'arrivée de Voyer, le chum et imprésario de Miss Laval (Martin Tremblay, fourbe et macho à souhait).


Les comédiens épousent à merveille le ton parodique, souvent caricatural, de l'oeuvre. Encore mieux, ils le font avec dosage. Si la pièce d'Archambault aurait mérité quelques petits élagages (la représentation atteint plus de deux heures), ses dimensions politique, sociale et psychologique, agrémentées d'une bonne dose de romance, en font une fable substantielle et d'une redoutable efficacité.


Le beau réside-t-il toujours là où on le croit? La beauté ne serait-elle que le masque de la laideur? Ce qui est considéré comme laid aujourd'hui ne risque-t-il pas de devenir divinement beau plus tard? C'est le genre de questions avec lesquelles le spectacle nous laisse... en plus d'une paire de muscles zygomatiques endoloris.


À voir si vous aimez /
Le théâtre d'Olivier Choinière, les dessins animés irrévérencieux et les caricatures qui visent juste
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Critique - Adieu Beauté

 

Mon Théâtre.qc.ca (par Mélanie Viau)

 

Avez-vous déjà imaginé de quoi aurait l’air notre monde si, tout à coup, un miracle venu d’on ne sait où faisait disparaître de nos chaînes télévisées la gamme complète des poupées animées paradant dans tous les shows du star system, les Canadian’s Idol, les America’s Next Top Model … ? Toutes ces perversités rationnelles que l’on gobe sans trop s’en faire, ces princesses faisant perdurer chez les gamines le rêve d’un Walt Disney toute une vie durant, ça ne vous allumerait pas un petit sourire de savoir qu’un certain FILPED aurait mis fin à tout ça en kidnappant la Miss Laval en 1998 ? Ok, nous nageons là en pleine dérision, mais il faut bien arriver à se divertir quand la télé manque à son devoir.


Avec la comédie satirique Adieu Beauté de l’auteur François Archambault, le jeune collectif de H2O Théâtre nous présente un spectacle gorgé d’excès, d’hystérie, doté d’un humour décapant et d’une morale pas mal étrange qui secoueront à coup sûr vos idées tranquilles et votre inébranlable gentillesse. Du théâtre freak comme il ne s’en fait pas beaucoup et, rassurez-vous cœurs sensibles, vous aurez votre part de plaisir.


Le metteur en scène et acteur Jonathan Charbonneau assure le prologue du spectacle dans la peau d’un crapaud (et quel crapaud ! parions que vous le connaissez), posant au public la grande énigme de la mocheté attribuée par Dieu à certaines bêtes malchanceuses. Pince-sans-rire, un brin baveux, le personnage gagne du succès auprès du public tout au long du spectacle qui, soit dit en passant, défile à un rythme hyper bien dosé pour un show de deux heures quinze. Prologue terminé, on présente nos deux laiderons de la terreur dans une altercation qui donnera le ton à l’ensemble de la pièce. Jolicoeur, madame crapaud genre humain et chef du Front Internationale de Libération des Personnes Esthétiquement Défavorisées, est campée énergiquement par Marie-Daniel Lussier. Le côté fou à lier du personnage, avec ces grimaces aussi acrobatiques que celles de Louis Funès, nous fait retourner dans les légendaires duos de « méchants » retrouvés dans bon nombre de cartoon, et on aime ça ! Son acolyte, Champoux, le bonace, le cœur tendre, le volontaire, reste le plus humain et le plus sympa de la bande dans l’interprétation de Simon Gfeller.  

 

Geneviève Côté, incarnant la Miss cocotte de Laval forcée à subir le même châtiment que la Cleopatra de Freaks, fait briller l’archétype de la vraie blonde sous tous ses feux. Chaque idée populaire du caractère, chaque manie, chaque naïveté articulée dans sa bouche nous présente un personnage complet et totalement attachant. Martin Tremblay, dans le rôle du gérant big shot de la starlette, est d’une forte justesse et d’un solide amusement. Encore une fois, on joue du stéréotype, mais avec nuances, voire même, avec combinaisons, ce qui lui ajoute une très bonne cohérence. En fait, le côté fou du spectacle qui nous plaît tant vient essentiellement de la part des acteurs, qui, par leur jeu, donnent une vigueur et un coup de fouet au texte, provoquant ainsi des rires à tout instant. De plus, la trame sonore ainsi que les éclairages ponctuent à merveille les moments de crise et les états d’âme, nous faisant que plonger davantage dans l’action aux rebondissements des plus inattendus.


Adieu Beauté est un théâtre d’été au goût de la relève, un théâtre où l’on s’éclate, où l’on se fiche des bonnes manières. Et malgré tous ces monstres et toute cette violence risiblement tordue, on arrive à sentir constamment en nous un petit titillement provenant du sous-texte. Car on s’adresse directement à nous. Comme si H2O Théâtre savait que ça nous ferait plaisir de voir les concours de beauté bannis internationalement…

 

 

Critique - Adieu Beauté

 

Info-culture Bizz

 

Tout commence par une énigme très bouleversante (mais d’un intérêt certain), posée par
le-crapaud-que-t’as-fait-éclater-en-lui-faisant-fumer-
une-cigarette-quand-t’étais-petit et qui va comme suit :

« Pourquoi Dieu a-t-il fait le crapaud laid? Était-ce une erreur ou bien par lâcheté? »
.


Un prologue bien à propos pour Adieu Beauté : la comédie des horreurs, pièce hilarante, absurde et complètement débridée.

 

L’action prend place à Laval, banlieue représentant l’obsession de la beauté (du gazon vert tondu religieusement tous les samedis matins au panneau d’arrêt-stop scrupuleusement nettoyé s’il se retrouve sur un terrain résidentiel). C’est dans un langage bien familier, frôlant parfois (et à notre plus grand bonheur) la vulgarité, que les cinq comédiens, incarnant des personnages caricaturaux, se donnent la réplique. Il y a d’abord Jolicoeur et Champoux, un duo infernal très contrasté formant le FILPED (Front International de Libération des Personnes Esthétiquement Défavorisées). Le regroupement, se qualifiant de terroriste, rejette, entre autres, « les verres de contact teintés bleu ciel de carte postale » et « les soaps américains où il faut être beau pour être amoureux ». C’est donc dans cette optique de sensibiliser la société face à la discrimination faite envers les gens laids que Jolicoeur et Champoux décident de kidnapper la plantureuse Miss Laval et de la faire souffrir. Comble de malheur pour la reine de beauté (Hélène de son prénom), Réjean, son gérant ultra opportuniste, s’alliera avec le machiavélique duo, considérant que leur action terroriste est la meilleure chose qui puisse arriver à Hélène, car « être miss Laval c’est pas grand-chose, mais devenir LA miss Laval qui s’est faite kidnapper parce qu’elle était trop belle », ça c’est passer à l’histoire!

 

Pas de doute, on est vraiment dans la satire : les personnages sont grandement stéréotypés. Rien ne rend Jolicoeur, femme laide, mal-aimée et cerveau du FILPED, plus heureuse que d’effrayer les gens. Sa seule qualité étant d’être méchante, elle tente de s’en servir le plus possible. Ses éclats de colère excessifs la poussent à manger ses émotions en dévorant des fruits de plus en plus énormes au fur et à mesure que le récit avance et que son stress augmente (raisins / pêche / melon miel / melon d’eau / ananas). Champoux, son complice pleurnichard, est un gros nounours au cœur tendre qui a énormément de difficulté à suivre les cruelles instructions de sa chef sans se sentir coupable. La belle Hélène, une blonde aux yeux bleus optimiste à outrance et vêtue d’une robe blanche à froufrous et paillettes digne de ce nom, a le rire débile et les mimiques stupides de la parfaite nunuche. Quant à son gérant au look de cow-boy tombeur et à la philosophie de bottine (du genre « Si tu veux changer de souliers, ben commence par enlever ceux que tu portes »), c’est un businessman fini et assoiffé de célébrité. Il souhaite d’ailleurs écrire un livre sur le drame d’Hélène, qui s’intitulerait « Comme Elvis, la Queen n’est plus ». Finalement, le seul personnage plus difficile à catégoriser est celui du crapaud. Philosophe et moralisateur à ses heures, il tient un discours teinté d’un humour plus absurde et moins grossier, porte un costume des plus étonnants et, tandis que ses congénères sont tous très très expressifs, il a un tempérament plutôt flegmatique, voire même impassible. Ses apparitions (que l’on pourrait qualifier de caméos étant donné son statut de metteur en scène) sont plutôt rares, mais ô combien apaisantes dans ce chaos infernal.

 

Sur scène, le jeu physique des comédiens, tous récemment diplômés de l'École supérieure de théâtre de l'UQAM, est impressionnant. Sans jamais s’essouffler, ils dansent, sautent, courent, hurlent, chantent. Pas de doute, ils ont un plaisir fou à jouer ensemble. Le courant passe, surtout entre Jolicoeur et Miss Laval, qui ne s’affrontent malheureusement qu’une seule fois, mais quel moment fort que cette rencontre entre la belle et la bête. Bien que la mise en scène soit très éclatée, les transitions espace/lieu sont bien maîtrisées. Le décor pivotant, toujours manipulé par les comédiens, permet des changements de lieux très fluides. De plus, en modifiant l’éclairage ou la musique, on passe habilement des pensées d’un personnage à celles d’un autre. Même prise au premier degré, la pièce reste savoureuse, de par son humour décapant et sa dérision. En plus de dénoncer le règne de plus en plus oppressant et destructeur de la beauté (« Même au jour de notre mort il faut continuer d’être beau », lance Jolicoeur), l’oeuvre se moque aussi du culte de l’image et du vedettariat instantané, dont même les terroristes sont devenus esclaves. « Pendant que vous êtes en train de manifester dans’ rue, le monde entier est assis devant sa t.v. », dira Réjean à Jolicoeur, tentant de lui faire réaliser à quel point l’accès aux médias est nécessaire pour faire connaître sa cause à la population. Ainsi, elle qui proclamait haut et fort son mépris pour la beauté et l’image en deviendra elle-même victime, se souciant fortement de ses performances télévisuelles et donnant des entrevues à Écho Vedettes.

 

Bien qu’on ait affaire à une comédie style théâtre d’été, la réflexion est de mise tout au long de la pièce, surtout à la toute fin, où un revirement de situation inattendu pousse le raisonnement encore plus loin. Et même si les éclats de rire sont très fréquents, quelques moments d’émotion sont au rendez-vous. Heureusement, ce cher crapaud philosophe sauve le happy end à l’hollywoodienne qui conclut la pièce par une réplique bien à lui.

 

Adieu Beauté, œuvre de François Archambault mise en scène par Jonathan Charbonneau, est une coproduction de H2O Théâtre et du Théâtre ambulant des Laurentides.

Par ailleurs, en mars dernier, la jeune compagnie H2O Théâtre avait fait salle comble à Montréal avec Sous-sols, de Jonathan Charbonneau. Notons que la pièce Adieu Beauté a été jouée tout l’été à Grand Remous, Labelle et Nomingue, où elle a obtenu un grand succès.

 

Y'a d'la joie!

de Jonathan Charbonneau et Jonathan Salvas

 

Théâtre du Golf de Saint-Jean-de-Matha
2650, route 131 Nord, Saint-Jean-de-Matha

 

Le 8-9-14-15-16-21-22-23-24-28-29-30 juillet Et le 4-5-6-11-12-13-19-20 août 2011 à 20h

 

Info et réservations:450-886-9321

 

23$ étudiants

26$ régulier

 

RABAIS WEB